Le monde des jeux d’échecs.

Bien des légendes racontent l’invention du jeu dans le monde des jeux d’échecs ; On dit qu’il fut inventé par la reine de Ceylan pour amuser son époux alors assiégé dans sa capitale par Rama, la réincarnation du dieu Vishnu lui-même.

La légende la plus célèbre dans le monde des jeux d’échecs, est celle du brahmane Sissa qui, situé au bord du Gange inventa ce jeu afin de démontrer à son propre roi, qu’il n’est rien sans ses sujets.

En Chine, une histoire raconte que sous Lui-Pang, fondateur de la dynastie Han, un général en chef inventa un jeu simulant la guerre pour éloigner ses soldats de l’oisiveté durant l’hiver. Ainsi tout en jouant, ils s’entrainaient à la stratégie.

Au-delà des mythes, il est souvent attribué une origine indienne au jeu d’échecs, même si les pistes Persane et Chinoise ne doivent pas être négligées.

le monde des échecs

Exemples de titre des panneaux :

Une histoire sur le monde des jeux d’Échecs

 

l’origine

Au Ve siècle avant J.C., l’Inde connaît déjà le tablier de soixante-quatre cases, il était utilisé pour un jeu dénommé Ashtapada, un jeu de parcours fondé sur le hasard, où l’on faisait avancer les pions avec des dès.

L’Ashtapada peut se jouer de 2 à 4 joueurs. Afin de mieux visualiser le parcours certaines cases du jeu sont marquées d’une croix. Dans la même famille, on trouve aussi le Sadurangam (5 X 5), l’Astha-kashte (7 X 7), le Saturankam (9 X 9) et le Dasapada (10 X 10). Dans le sud de l’Inde, le jeu Ashta-Changa  (nommé aujourd’hui le Thyyam ) est encore joué sur un tablier de 8 X 8.

plateau ashtapada

L’inde a pendant longtemps été morcelée en multiples royaumes qui n’avaient de cesse de combattre ses voisins en constituant autour de lui une petite armée composée d’éléphants, d’une cavalerie, de chars de guerres et de l’infanterie.

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Au Ve siècle après J.C., l’Ashtapada accueille le Chaturanga, (les quatre membres de l’armée en sanskrit) ancêtre direct des Échecs, qui se pratique à quatre joueur, chacun disposant de pièces hiérarchisées de couleurs différentes placées aux quatre coins du plateau.

Ses voyages

Vers 450 après J.C, les Échecs vont entreprendent un voyage vers l’Extrême-Orient, puis vers l’occident. À cette époque l’art sassanide (dynastie Perse qui s’étant de 224 à 651 (avant l’invasion Arabe)) exerce une forte influence en Inde et en Chine.

De l’Inde à la Perse

De quatre joueurs, le jeu va passer à deux joueurs. Le tirage au sort des pièces est supprimé, la structure du jeu est alors sensiblement celle que nous connaissons.

Son épopée dévoile son arrivée à la cour du Shah de Perse (sous le régne de Khosro Ier Anushirwan (531-578)). Le souverain du royaume de l’Inde du nord, envoya son vizir avec de nombreux présents et un défi accompagnant cette caravane, celui de découvrir les secrets d’un jeu ou payer un tribut en retour.

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La Perse reçoit avec ferveur ce nouveau jeu.

C’est donc vers la fin du VIe siècle ou début VIIe siècle qu’apparaît le vrai ancêtre du jeu d’échecs, le  Shatranj. Deux armées se font face, dispositions communes et conforment aux réalités du temps, Indiens contre Huns, Persans contre Byzantins,… le plateau devient une simple grille de 8 X 8 cases unicolores et souvent tracée sur un tissu que l’on peut rouler pour mieux l’emporter.

De la Perse à  l’Europe

En conquérant la Perse, en 651, les Arabes découvrent ce jeu et va complètement les passionner. Ils s’en feront les théoriciens et les propagateurs en Europe. En écrivant de nombreux ouvrages sur ce jeu et en développant tout une stratégie pour remédier aux différents problèmes posés par le jeu.

Ils cherchèrent à les améliorer en changeant la forme du tablier ou en ajoutant d’autres pièces. Quelques-une de ces traces sont consrevées dans des ouvrages. On trouve des échiquiers de 16 X 4 cases, de 10 X 10 avec 20 pièces par joueurs, de 11 X 10 comportant une case refuge à droite de la 2eme ligne de chaque joueur avec 28 pièces par joueurs et même un échiquier circulaire.

Cette folie des grandeurs n’a pas seulement touché l’orient musulman. Partageant la même culture, les Maures allaient aussi si essayer. Dans l’ouvrage d’Alphonse X le sage roi de Castille, on peut y voir une illustration d’une partie opposant deux nobles barbus autour d’un gigantesque échiquier quadrillé de 12 X 12. Chaque joueur posséde 12 pions et douze pièces majeures de 7 sortes différentes qui constituent une ménagerie fantastique et passionnante (crocodiles, girafes, griffon, licornes, lions, tour, pion et roi). Il était possible de jouer à ces échecs à l’aide d’un dé. Son jet imposait de mouvoir la pièce correspondante.

Dans la foulée de la conquête musulmane, le jeu d’échecs va se propager entre 800 et 1000 sur tout le pourtour de la méditerrannée et bien au-delà grâce aux vikings.

Propulsé par les conquérants, les poètes et les savants arabes, le jeu d’échecs pénètre dés le Xe siècle en Europe, simultanément par l’Espagne, Byzance et la Russie.

Au sud les échecs arrivent par l’Espagne, l’Italie du Sud et par la Gréce. Les vikings Normands qui s’enfoncèrent jusque dans ces contrées le ramenèrent dans les pays nordiques. En quelques années, on le retrouve partout sur notre continent.

Poussé à l’Ouest par l’Islam et porté à l’Est par l’organisation des Tang et des Song qui dominent la Chine.

Les eschés au Moyen-âge

Le jeu d’Échecs arrive ainsi au cœur du moyen-âge dans l’univers des châteaux et des monastères, colporter par les troubadours à travers le pays. Il devient peu à peu le modèle idéal d’une sociètè féodale.

L’église voit d’un mauvais œil ce passe-temps futile qui détourne les moines de leurs devoirs de prière. En 1254, le roi Saint Louis interdits les échecs aux religieux. En 1392, en pleine guerre de cent ans, Charles VI les interdits à tout le monde.

Déjà au VIIe siècle, l’islam rejetter le jeu, car « le jeu détourne les croyants de la vérité ».

Au XIe siècle apparaît le quadrillage de l’échiquier en deux couleurs.

L’ouvrage d’Alphonse X, véritable encyclopédie des jeux parue en 1283, achévera d’imposer ce quadrillage.

En 1270, Jacques de Cessoles publi un livre dénommé, « le livre des mœurs des hommes et devoirs des nobles » ou « le livre des échecs » qui s’interresse tout autant au jeu qu’a l’éthique sociale. Les échecs apparaissent commme un miroir qui renvoie une image idéale de la sociètè où chacun est à sa place autour du roi très pieux. Le roi, la reine et les cavaliers représentent la noblesse, les fous sont les juges et les conseillers, les tours sont les vicaires et les consuls du roi, et enfin les pions représentent les huits groupes de métiers du peuple (paysans, artisans, notaires et tisserands, marchands et changeurs, médecins et apothicaires, aubergistes et taverniers, gardiens de la cité, ribauds et messagers).

Ce livre fut copié et recopié et traduit en de nombreux exemplaires pendant des décénnies au point de devenir le livre le plus répandu après la Bible.

Les textes vont se multiplier et encourager l’apprentissage du jeu d’échecs. Mais ce sont surtout les troubadours, poètes itinérants qui vont donner un véritable élan au jeu et le faire sortir du milieu renfermé et privilégié pour le rendre populaire.

La renaissance ou la révolution du jeu d’échecs

À la fin du Moyen-âge, les échecs ont acquis renommé et prestige. La bourgeoisie et les étudiants s’emparent de ce passe temps. Il existe une prédominance des échecs sur les autres jeux de réflexion de l’époque, comme les Tables, le Trictrac, les Marelles et l’Alquerque.

À la fin du XVe siècle, une révolution à lieu sur l’échiquier. Le fou est la reine se voit modifier leurs déplacements. Le fou s’empare des diagonales et la dame s’émancipe en rayonnant dans toutes les directions.

Cette évolution à lieu dans une situation historique de l’époque qui a vu de nombreuses princesses ou guérrière prendre la tête des armées pour défendre leur roi. Il y eut Jeanne d’arc, la princesse de Sforza et Isabelle la catholique.

Dés lors on distingue le vieil jeu des Eschés, des Eschés de la dame enragée.

Au début du XVII, en Italie, apparaît le roque tel que nous le connaissons aujourd’hui.

En 1694, thomas Hyde publie un ouvrage historique sur les echecs. Le jeu recoit alors une veritable reconnaissance de sa profondeur intellectuelle. Dès lors les signes de reconnaissance vont se multiplier de la part des philosophes des lumières.

Les temps modernes

Les Échecs sont devenus une distraction à la mode, les XVIIIe et XIXe voient la stratégie faire des progrès considérables. Partout en occident, dans l’immense Russie, l’Europe divisée et belliqueuse, et aux Etats-Unis émergeant, le jeu d’Échecs devient un modèle de l’art militaire.

C’est aussi l’époque des tournois internationaux, dont le premier à lieu à Londres en 1851, puis les championnats du monde à partir de 1886.

En 1924, est créé à Paris la Fédération Internationale Des Échecs (la F.I.D.E.)